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Mirza Zwissig

Mirza Zwissig fut, avec Angel Duarte et Gustave Cerutti, l'un des pionniers du l'art abstrait en Valais. Et c'est à la demande de G. Cerutti et d'Angelo Zwissig, frère de Mirza, que la Galerie du Château de Venthône présente une exposition, conçue par eux et documentée dans un catalogue réalisé par Joël Cerutti qui raconte les recherches que l'artiste développa durant 30 ans. "Son travail est un témoignage unique dans le champ pictural valaisan" écrit Joël Chervaz qui lui rendait hommage, lors de sa mort en 1995.

 

C'est en 1952, elle a alors 10 ans, que Mirza s'inscrit à l'Ecole cantonale des Beaux-Arts du Valais à Sion, dans la section dessin. Elle en suit les cours successivement en art appliqué, en décoration, en modelage, en peinture, en histoire de l'art et en art graphique, jusqu'à son diplôme en 1961. Elle poursuit sa formation à l'Académie de Florence, puis à l'Ecole d'Art appliqué à Lausanne. Membre de la société des peintres, sculpteurs et architectes suisses, elle participe régulièrement à des expositions collectives, présente son travail en duo avec son collègue et ami Gustave Cerutti et en trio avec la contribution de François Bozon, mais elle ne présentera que quatre expositions personnelles.

 

Son oeuvre, trop méconnue, comporte des dessins qui, disait-elle, dans une interview accordée à la revue Treize Etoile en 1989, "permettent un langage abstrait qui tient le je à une certaine distance par une sorte de pudeur, la création de propositions plastiques plus subtiles où l'humour a libre cours." Ainsi que des peintures, des huiles sur toile, de la gouache sur papier, des sérigraphies et des collages de papiers plastifiés.

 

Si, dans les peintures à l'huiles des années soixante, elle module les tons dans des espaces abstraits construits par plans, son travail dans les années septante privilégie la sérigraphie et les collages. La découpe donne à la forme sa rigueur et l'encre son intensité aux couleurs dont elle joue avec une sorte d'allégresse. Mirza Zwissige expliquait :" Les éléments développés dans ma recherche sont la forme, la couleur, l'espace forme-couleur, la plasticité active." La série lui permet de développer des idées qui se réalisent en diverses étapes et de créer ainsi un environnement plastique. Et les "histoires de découpe" constituent une suite formelle dont les divers moments s'interpénètrent, certains éléments donnant naissance à la séquence suivante où ils se métamorphosent aussitôt.

 

Rigueur et liberté caractérisent l'oeuvre de Mirza Zwissig  vouée à la création d'un univers pictural où jubilent formes et couleurs.

 

Françoise de Preux

 

 

HOMMAGE A MIRZA ZWISSIG

Mirza nous quitte pendant le plus bel automne que nous avons eu depuis longtemps.

 

Netteté des reliefs sous la lumière, exubérance des jaunes déclinés jusqu'aux bruns, superpositions des plans se jouant des règles de la perception. C'est le somptueux hommage de la nature à celle pour qui les formes, les couleurs et l'espace ont alimenté l'oeuvre. A celle qui a tant fait pour elle : témoin son jardin, potager de poète, oeuvre sans cesse renouvelée et ses collections de coquillages, papillons, cailloux, feuilles mortes glanés lors de ses voyages, qu'elle transformait en sobres compositions ; images concrètes de préoccupations abstraites.

 

Mirza nous quitte délivrée de la maladie qui la tenaillait depuis 2 ans. Elle n'en parlait pas, n'en imaginait pas l'issue, préoccupée par la poursuite de son travail, persuadée que c'était là une nouvelle épreuve passagère. Hélas, la création est arrêtée net ! Reste une oeuvre discrète, peu connue, car trop rarement exposée. Une oeuvre témoin de plus de trente ans de recherche. Une vie faite de peinture. Une vie à traquer l'espace par le jeu des géométries, des superpositions, des lignes-couleurs, des juxtapositions de surfaces vives et de l'emploi des mots. Rigueur, précision, gaieté sont les matériaux de base de l'espace pictural. Pionnière avec Duarte et Cerutti d'un art purement abstrait et géométrique, son travail est un témoignage unique dans le champ pictural valaisan, un besoin de perfection qui apporte une contribution notable à l'art concret suisse. "Espace réel, espace de la matière, espace idéal, espace de l'esprit, y construire, selon un ordre spirituel, est renoncement qui enrichit."

 

La famille de Mirza ne souhaite pas que son oeuvre soit éparpillée à tout vent, mais qu'elle reste homogène et entière dans ses différentes étapes et développements dans le temps. Les peintres, sculpteurs et architectes de la SPSAS Valais se mettent à la disposition de la famille pour l'aider à concrétiser ce souhait, pour la conservation et la mise en valeur de la globalité de son travail.

 

Salut Mirza, là où tu es, le vacarme de la station de lavage automobile ne perturbe plus tes nuits.

 

Joël Chervaz / Nouvelliste du 30 novembre 1995

Mirza Zwissig est née à Sierre en 1942. Elle est la cadette d’une fratrie de 2 enfants. Elle a eu de la chance de grandir dans un milieu très ouvert ce qui lui a permis d’exercer ses talents artistiques dès son plus jeune âge. Elle est décédée en 1995 à l’âge de 53 ans.

Quand on prépare une exposition, je rencontre l’artiste et le, la pousse, plus ou moins à me révéler quelques anecdotes qui pourront pimenter mon discours ou du moins l’alimenter. Je m’imprègne de l’œuvre à travers lui, elle…. Mon enthousiasme se réveille et je pénètre dans son univers…

Comme vous pouvez l’imaginer, la prise de contact avec Mirza Zwissig a été tout autre. Rassurez-vous je ne suis ni médium, ni toquée (peut-être un peu…) Seulement, c’est à travers les anecdotes confiées pas son frère Angelo, par son ami, Gustave, à travers les écrits journalistiques de FdeP et de Joël Cerutti qui a conçu un catalogue, que j’ai fait la connaissance de cette dame exceptionnelle.

Mais comment résumer une vie en quelques lignes et ce serait l’insulter si je vous disais que j’y suis parvenue, mais je peux vous faire partager quelques moments de sa vie qui vous donneront envie de mieux la connaître.

J’ai découvert non seulement une artiste, mais une femme formidable, douée, intègre, authentique, engagée et discrète.

DOUEE ET PRIMEE

N’oubliez pas qu’elle a fréquenté l’Ecole des Beaux-Arts dès l’âge de 10 ans parallèlement à l’école primaire. Maintenant on la cataloguerait de surdouée.

- En 1955, elle reçoit le prix Portique pour ses planches d’art appliqué, elle n’avait que 13 ans.

- En 1956, elle reçoit un prix de décoration décerné par le Journal et Feuille d’Avis du Valais.

- En 1957, elle reçoit le prix du Musée des Beaux-Arts et de la Marjorie d’une valeur de Fr. 200.—pour une toile de la vieille ville de Sion.

INTEGRE

Elle n’a jamais encaissé le chèque de Fr. 200.—pour la toile précédemment citée. Le chèque a été retrouvé dans les archives de MZ par Joël Cerutti.

 

AUTHENTIQUE

Joël Cerutti nous raconte une anecdote qui dépeint le caractère bien trempé et l’attitude carrée et sans concession de MZ. : Par un bel après-midi de 1988, elle s’est répandue en invectives argumentées contre la station de lavage de voitures, installation bruyante, malodorante et polluante que la commune de Sierre avait laissé construire en face de son domicile à Sierre. Aussi lors d’une exposition, en décembre 1988, elle a présenté , entre autres, un travail basé sur des photographies de l’installation litigieuse. Mais quand les officiels voulurent acquérir une de ses œuvres, elle leur proposa une simple cassette avec l’enregistrement des décibels produits par la station de lavage. Le tout pour quelques milliers de francs ! Imaginez le scandale !

Ce qui fit écrire à Joël Chervaz après sa mort : Salut, Mirza, là où tu es, le vacarme de la station de lavage ne perturbe plus tes nuits !

ENGAGEE/ECOLOGISTE

L’éveil de la conscience écologique est une nécessité affirme-t-elle haut et fort à FdeP, lors d’une interview en 1989. MZ fait entrer l’art en action pour tirer le citoyen de sa léthargie, elle brosse des dessins botaniques et les réunit dans des pots de reliques naturelles. Elle intègre la nature à ses créations.

DISCRETE

Dans le journal de Sierre du 6 février 1987, FdeP souligne cette œuvre d’inspiration assez unique en Valais réalisée en solitaire presque dans l’anonymat. MZ ne fanfaronne pas, elle pêcherait plutôt par trop de discrétion. Elle suit un itinéraire qui échappe à toutes les normes commerciales. Elle ignore la facilité.

MZ n’est pas seulement pionnière dans l’art abstrait en Valais, mais aussi dans sa façon de voir le monde, la nature, l’écologie et l’environnement.

 

Je pourrais vous raconter encore quelques anecdotes, mais vous pourrez les lire dans le catalogue proposé par Joël Cerutti que vous pourrez acquérir pour la somme de Fr. 25.—

L’exposition que nous vous offrons ce soir se compose de 30 tableaux, qui résument les périodes artistiques de MZ : années 1966/67, Huiles, années 1980, Série Oire, Collages et années 1986/88, Sérigraphies. Les sérigraphies sont disponibles en plusieurs exemplaires.

Presque toutes les œuvres figurent dans le catalogue de Joël Cerutti.

Je vous rappelle que l’exposition est également visible sur notre site internet, que vous pourrez, non seulement visionner en toute tranquillité, mais aussi commander l’œuvre qui vous séduit en contactant la responsable.

Myriam Studer-Berclaz, présidente

Oeuvres

Pour toute visite privée, renseignements ou commande vous pouvez vous adresser:

 

  • à la présidente du comité de la Galerie Myriam Studer-Berclaz au 079/656.04.48.